Mon médecin généraliste, ce héros (pour ne jamais être #PrivésdeMG)

Il y a presque 15 ans de cela, je me suis réveillée un matin en ayant cette douleur au ventre. Je suis allée voir ma mère pour lui dire, d'après elle ça ne devait pas être très grave je n'avais pas l'air si malade que ça. Puis ça n'allait pas mieux, je commençais à vomir et avoir d'autres désordres instestinaux mais surtout la douleur sourde qui commençait à s'emparer de moi, de mon corps.

Lorsque ma mère m'a trouvée prostrée sur mon lit, en chien de fusil (seule position que je tolérais), incapable ni de pleurer, ni d'hurler, ni quoi que ce soit tellement j'avais mal, nous sommes allées voir notre généraliste en urgence car il a pu nous trouver une place rapidement.

'Tu vas devoir aller à l'hôpital il va surement falloir t'opérer car c'est certainement une appendicite", il a tout fait bien, une belle lettre pour le médecin qui nous recevrait à l'hôpital et toutes les explications pour que ma mère ne panique pas et toujours cette "ouverture", qui nous fait comprendre qu'il est là, si besoin. L'ange gardien.

Nous sommes arrivées aux urgences, ou nous avons attendu plusieurs heures, combien je ne sais pas mais ça m'a paru une éternité, je me vidait de tout mon corps et ne calculait à présent plus rien au monde qui m'entourait, juste la douleur.

Puis un médecin nous a reçu, il avait l'air crevé, exténué, agacé, avec sa barbe de 5 jours. "ça doit être une grosse gastro" a-t-il lancé en ayant hâte de s'en aller. Ma mère n'a pas compris, nous avions la lettre, les explications et elle avait surtout sa fille dans un piteux état inhabituel. Non en effet je n'hurlais toujours pas, je ne pleurais toujours pas, mais au fond de moi, j'aurais préféré avoir le bras ouvert par un couteau qui au moins m'aurait permis de visualiser cette douleur et aurait fait qu'on s'occupe de moi. Compte-tenu de mon état il a tout de même accepté que je sois hospitalisée, à 12 ans dans un service d'adulte.

Mon état s'est dégradé dans la nuit, ma mère était heureusement restée avec moi et allait elle-même chercher du papier toilette lorsque je persistait à vomir encore et encore. Et j'ai très sérieusement voulu, au plus profond de moi-même "mourir plutôt que de continuer à avoir cette douleur" je me rappelle si fort de ce sentiment. Après cette nuit interminable et une matinée identique, il s'est enfin décidé à m'opérer. L'intervention a été prolongée d'au moins 2h car la fameuse appendicite était devenue péritonite corsée. Pas si loin de la septicémie.

S'en est suivi un séjour d'une dizaine de jours qui m'ont traumatisés avec nuits blanches à voir chaque minute défiler sur l'affichage numérique de la télévision, à supplier pour la morphine et attendre patiemment la prochaine dose. Ce mal de dos terrible à rester allongée, la sonde gastrique qui empêche de parler tellement ça fait mal à la gorge. Et cette ******* d'infirmière le jour où je me suis inquiétée de voir des traces de sang dans ma culotte pour la première fois de ma vie et qui m'a répondu froidement "t'as déjà eu tes règles ??? et ben c'est ça !". Je me suis sentie si idiote, si honteuse....

Cette "expérience" hospitalière a contribué à être ce que je suis aujourd'hui, car après ça je me suis jurée de travailler plus tard à l'hôpital avec les enfants pour les rassurer....

Bref, tout cela pour dire que mon médecin généraliste, il m'a sauvée d'une certaine manière, quand je le vois, je repense à cette période. Je lui en serai toujours reconnaissante, pour son attention, sa présence et sa compétence.

Mon généraliste on l'appelle par son prénom : Pierre, depuis toujours, car c'est le médecin de toute notre famille et qu'il me connaît depuis que je suis bébé. La voix qui porte et toujours le sourire. Il a toujours été là pour tout et tout le monde : lors du décès de mon arrière grand-mère, lorsque l'on a découvert que mon grand-père avait un cancer des poumons puis lorsqu'il est parti... Même à la retraite Pierre est toujours là pour nous, même au mariage de ma soeur, car c'est devenu un ami.

Alors pour que les "Pierre" puissent toujours être là pour nous, il faut agir. Nos médecins généralistes sont en souffrance et leur situation et donc nos santés en dépendent. Et aussi parceque je suis sage-femme et que je ne m'imagine pas travailler sans les médecins généralistes. Ils sont indispensables, protégeons-les  et serrons-nous les coudes entre professionnels de santé !

Pour ne pas être #PrivésdeMG :

Voici les propositions des médecins blogueurs à lire et à soutenir. Relayez l'information sur les réseaux sociaux et sur Twitter via le hashtag #PrivésdeMG

MERCI pour nos MG !

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Article de blog où j'en avais déjà parlé : ICI

*Cette histoire est personnelle et tous les éléments ne sont peut être pas précis et n'ont pas d'explications très cohérentes pour la simple et bonne raison que cela fait longtemps et que je n'étais pas dans mon état "normal" ainsi c'est du ressenti que j'ai avant tout partagé.

Réflexion médecin généraliste soin santé urgence

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