VIH et grossesse

[ année 2008 lors de mes études de SF ]

Pour un travail de groupe cette année, il fallait que l'on parle d'une situation "critique" rencontrée en stage ou le personnel aurait pu agir d'une manière différente que celle qui a eu lieu dans la réalité. J'ai choisi la situation d'une maman toxicomane et HIV positive que j'ai rencontré dans le service de maternité où j'étais en stage.

Madame D. a 26 ans et est HIV positive depuis 7 ans, elle a accouché le (date) à 11h35 d’une petite fille (Ophélie) de 2,630 kg.

Elle a été suivie lors de sa grossesse et traitée par antirétroviraux.

Mme D. et son conjoint disent avoir un autre enfant de 3 ans chez leur famille à Bruxelles, dans le dossier médical il est écrit que cet enfant est placé en famille d’accueil à Bruxelles. L’enfant aurait été placé en raison de l’alcoolisme du père et de la toxicomanie des parents.

L’accouchement s’est fait par césarienne sous rachianesthésie en prévention du risque de transmission du HIV au bébé et l’allaitement sera artificiel pour les mêmes raisons.

Quelques heures après sa césarienne la sonde urinaire de Mme D. a du être retirée car elle menaçait de l’arracher. Vers 22h son conjoint signale à l’infirmière que sa femme a fait un malaise à 17h lorsqu’ils étaient descendus fumer.

Pour la nuit il lui a été donné un demi Valium.

Le lendemain, lors de la toilette, des traces potentielles d’injections on été observées sur le corps de Mme D. le long des trajets veineux des bras et de la jugulaire. Suite à ces observations, l’équipe a souhaité faire un prélèvement d’urine et de méconium du bébé afin de savoir si Ophélie avait besoin d’un sevrage.

L’équipe (pédiatre et infirmières) a décidé de ne pas dire que le prélèvement servait a détecter si la maman s’était droguée pendant la grossesse. Ils lui ont dit qu'il servait à savoir si Ophélie etait HIV positive. La raison de ce prétexte est qu'ils craignaient un refus de la part des parents qui avaient déjà peur qu’on leur retire leur 2ème bébé.

Résultat du test de toxiques : positif, Ophélie a du subir un sevrage.

 Le principal problème reste le VIH et la toxicomanie entre la mère et son bébé, on peut se poser diverses questions sur les riques de contamination du bébé, l’attitude idéal envers les parents (éviter les jugements, chercher à comprendre, trouver les mots justes…) et donc réussir à aborder les sujets tabous avec les parents qui sont ici la toxicomanie de la mère au cours de la grossesse avec le placement de leur 1er bébé.

Nous avons donc rassemblé des questions que nous, étudiantes, nous pouvons nous poser (et sont ainsi les connaissances minimales à avoir) et qui sont également les questions que les parents concernés par le VIH se posent.
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A quel moment de la grossesse se transmet le virus ?

La transmission du virus au cours de la grossesse se fait essentiellement à la fin du dernier trimestre et au moment de l’accouchement. L’allaitement maternel est contaminant.

  

Si elle prend des antirétroviraux pendant sa grossesse, cela affecte-t-il le bébé ?

Des risques supplémentaire peuvent provenir des médicaments antirétroviraux. Les expériences animales ont montré que certains d'entre eux présentent des risques. D'autres n'ont même pas été testés, et certains semblent être sans danger. Mais personne ne peut être sûr des effets sur l'enfant à long terme, étant donné que ces médicaments ne sont pas utilisés depuis assez longtemps chez les femmes enceintes.

 

Peut-on prévenir la transmission de la mère à l’enfant ?

         - Un dépistage précoce chez la mère

         - Le suivi et la prise en charge médicale des mères, avec traitement antirétroviral pendant la grossesse

         - Une perfusion de médicament antirétroviral pendant le travail

         - La césarienne programmée est indiquée pour les femmes non traitées et chez les femmes ayant un 
           virus détectable en fin de grossesse

         - Le traitement préventif de l’enfant (6 semaines)

         - La contre-indication formelle à l’allaitement maternel

 

Une femme séropositive au VIH et enceinte doit elle accoucher par césarienne ?

Si elle ne prend pas de médicaments contre le VIH, il est préférable pour son bébé qu’elle accouche par césarienne plutôt que par voie vaginale car le risque que son bébé soit infecté par le VIH est doublé.

Si elle prend une association de médicaments (pour contrôler son infection) et que la quantité de virus qui circule dans son sang n’est pas décelable, la césarienne ne semble pas présenter d’avantages réels par rapport à l’accouchement vaginal. Elle devrait discuter avec son médecin, qui pourra étudier son cas et lui donner des conseils en conséquence.

 

Une femme séropositive au VIH peut-elle allaiter son bébé ?

Il est déconseillé d’allaiter car le VIH se transmet également par le lait maternel.

Le bébé doit être nourrit au lait artificiel.

 

Quand sait-on que le bébé est séropositif au VIH ?

Des analyses sanguines indiqueront si le virus a été transmis.

En général, trois tests sont exécutés :

- dans les quelques jours suivant la naissance du bébé,

- à un mois,

- entre deux et quatre mois.

Si les trois tests sont négatifs, le bébé n’a pas le virus. Si l’un de ces trois tests est positif, un autre test est exécuté. Si deux tests sont positifs, le bébé est séropositif.


Le bébé devra-t-il prendre des médicaments supplémentaires ?

Le bébé devrait recevoir un médicament sous forme de sirop pendant six semaines, afin de lui assurer une protection supplémentaire contre l’infection par le VIH. Par la suite, jusqu’à ce qu’on sache si le bébé est séropositif ou non, il devrait recevoir un antibiotique afin de prévenir la pneumonie qui peut se déclarer chez les bébés séropositifs.


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Concernant le sevrage, il se déroule par une prise en charge du nouveau-né par les pédiatres de maternité qui détermineront la nécessité d'un traitement médicamenteux en fonction de la gravité du syndrome de sevrage.

Le traitement repose d’abord sur le nursing, le fait d’éviter les stimuli, le bercement de l’enfant et l'alimentation à la demande.

En cas d’échec, le chlorydrate de morphine, le Largactil® sont utilisés.

L'important est de privilégier les interactions mères - enfants et d'éviter au maximum une séparation par une hospitalisation du nouveau-né sans sa mère.
Le suivi de ces femmes est assez difficile à établir, il faut les convaincre de la nécessité d’hospitaliser le bébé pendant la période nécessaire pour le sevrer, et par conséquent, d’en être séparé. Elles doivent être informées des symptômes du sevrage et des besoins spécifiques du bébé sevré ainsi que de la manière d’y répondre adéquatement pour l’apaiser (le tenir contre soi, bien enveloppé) et éviter au mieux les autostimulations.

Cette période est donc relativement délicate pour les parents.

Il faut donc tenter d'obtenir leur collaboration pour un accompagnement régulier, multidisciplinaire (médecin, psychologue, services sociaux, consultation de nourrissons, aide familiale, crèche à temps partiel ...) et également pour constituer un relais auxquel la mère ou le couple peut avoir recours immédiatement, en cas de rechute.

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Commentaires (2)

1. TANO 22/06/2011

JE VIENS D'APPRENDRE QUE JE SUIS SEROPOSITIVE,TOUT CELA A L'INSU DES PARENTS PUISQUE JE VIS EN FAMILLE ET MON PARTENAIRE NE SAIS RIEN. JE SUIS ENCEINTE DE 6 MOIS DE MON PREMIER BEBE. JE SUIS DESORIENTEE ET JE SOUFFRE DE NE PAS POUVOIR EN PARLER. AIDER MOI JE MEURS A PETIT FEU. JE NE SAIS PAS COMMENT FAIRE. DOIS-JE EVITER D4ALLAITER MON BEBE A LA NAISSANCE? JE N'AI PAS LES MOYENS NESSECAIRE QUE DOIS FAIRE?

2. Lullabaloo (site web) 24/06/2011

Bonjour,

Il n'est en effet pas recommandé d'allaiter lorsque l'on est séropositif au VIH car le virus se transmet par le lait maternel.
Pour les difficultés rencontrées il ne faut pas rester seule face à cela, cela dépend d'où vous habiter, il ne faut pas hésiter à s'adresser à des professionnels de santé, des PMI, des hôpitaux pour être accompagnée et prise en charge correctement.

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